Paris 1juin 1999
Chère Christine Maillot
Dans mon cours sur l'esthétique picturale il m'est arrivé d'évoquer
les temps bénis où les tableaux inspiraient des odes et des sonnets.
Votre rêverie poétique sur mes approximations est une offrande
magnifique et un indice de ce que la conception de l'art, si longtemps
décriée, dont je me réclame, est à nouveau susceptible de rencontrer
un écho.
On pouvait en douter et se demander, en paraphrasant Hölderlin,
à quoi bon des peintres en ce temps de détresse.
Avais-je donc raison de penser que le message lancé dans le vide
sidéral un jour quelqu'un le recevrait ? Reste le regret de ne
pas avoir été assez ambitieux, pas assez pour rencontrer l'attente
légitime de celui qui sait ce qu'est la peinture.
Je ne désespère pas pourtant d'y parvenir, encouragé par vous
et par les paroles de Socrate et de Hokuaï.
Aussi longtemps qu'on vit on peut apprendre et faire des progrès.
Kostas Mavrakis