Le mot de l’artiste
 

Quand la deuxième guerre Mondiale éclata, j’avais 19 ans.

Pour fuir New-York, et pour vivre l’aventure, je me suis engagé dans l’armée américaine et, de 1942 à 1945, j’ai servi dans l’Océan Pacifique.

Après cela, j’ai beaucoup voyagé : Californie, Mexique, Canada et Paris où j’ai vécu six ans en tout. Entre temps, çà et là, j’ai fait plusieurs métiers : ouvrier agricole, marin…et puis la vente de croquis et dessins sur les terrasses de cafés….et puis, de temps en temps, des poèmes publiés dans plusieurs revues, poèmes dont certains furent traduits en italien et en grec, et puis mon premier livre , mon premier recueil de poèmes, publié en 1974 : On the 2nd Avenue Patrol

J’ai commencé à peindre instinctivement quand j’avais 12 ans, je suis un autodidacte.

J’ai exposé dans plusieurs villes des Etats-Unis, New-york, Houston, Détroit…et à Lyon en 1986 (Galerie le Pantographe).

J’ai été fortement encouragé par l’écrivain Henri Miller, l’auteur des Tropiques. Un jour du printemps 1978, il m’a écrit pour me dire qu’il était en train d’accrocher une de mes aquarelles : «  je vais la faire encadrer, et je vais l’accrocher au dessus de ma cheminée. Comme Seurat, vous avez créé un style personnel. Le vôtre. C’est absolument envoutant, ensorcelant. Je vous félicite ! »

Pour moi l’aquarelle est un jeu, c’est le subconscient, l’imagination, mon alter égo, l’anima de Jung, quelques étincelles de fantaisie, et le mystère total de la Vie et de l’Art, et de tout….

Un jeu, certes, mais un jeu sérieux, car la peinture est une des grandes passions de ma vie, comme la poésie…et comme ma vie amoureuse ? Une passion à laquelle je me consacre entièrement et presque quotidiennement.

Si j’ai de la chance, peut-être arriverais-je à décrocher la lune….à « trouver la faille dans la coquille de l’œuf Cosmique », comme on dit chez nous.

Mais, d’ailleurs, j’ai toujours de la chance puisque, en peignant mes aquarelles, je trouve mon bonheur, ma joie, ma sérénité.

Et puis, pour moi, la peinture me permet de me libérer de l’effort intellectuel de l’écriture, des vertiges cérébraux dans un vide dont les écrivains sont victimes.

Pourquoi ? Parce que la peinture est quelque chose de physique, de sensuel, d’émotif, d’intuitif. Comme écrivait Kandisky : «  Quand on regarde une couleur particulière, on a toujours une réaction émotionnelle – elle ne peut jamais être une réaction intellectuelle » .

Autrement dit, la peinture me permet de me retrouver, avec mes sentiments ; je vis sur un plan émotionnel, je suis sensible, je réagis, je suis ouvert, toujours prêt à rencontrer des gens, faire de nouvelles expériences….bref, je suis tout simplement humain.

J’ai été profondément et incessamment inspiré par les œuvres de Pierre Bonnard, Klee, Jan Van Eyck, Van Gogh….et tous les autres, y compris les gribouillis des malades mentaux et les coloriages des enfants.

Et puis j’ai continué à écrire des poèmes et deux livres de prose «  Footloose » et «  Thumbing down to the Riviera »

J’édite aussi une revue littéraire d’avant garde (que j’appelle non-littéraire) : Le Magazine «  Stroker ».